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Le pastoralisme, une opportunité pour l’élevage ovin et les territoires

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Les moutons se nourrissent essentiellement de végétaux et sont de « super tondeuses » qui rasent à ras les pâturages ! Dans le Loir-et-Cher, particulièrement en Sologne, la plupart des éleveurs mettent les animaux à pâturer directement sur les parcelles toute l’année. Mais les ovins sont des gourmands, qui vont plus facilement aller se nourrir de jeunes pousses, plus appétantes (et appétissantes !) plutôt que des pousses plus âgées pourtant encore nutritives.

Pour une meilleure gestion de ces pâturages, valoriser les surfaces et faire des stocks fourragers, les éleveurs peuvent mettre en place différents roulements consistant à changer de place les animaux tous les quelques jours. Pâturage tournant dynamique (changement de parcelles entre trois jours et une semaine), pâturage cellulaire (changement de parcelle tous les jours pour l’ensemble du troupeau)… Toutes ces techniques ont les mêmes objectifs : offrir de nouvelles surfaces avec de l’herbe de qualité aux animaux, laisser la pâture repousser et limiter le gaspillage !  Pour cela, les éleveurs sortent les moutons de la parcelle une fois celle-ci pâturer et l’herbe à moins de 4 cm.

Le pastoralisme : valoriser et alimenter !

Parmi ces techniques, le pastoralisme consiste en la valorisation des terres et de la végétation naturelle, assurant tout ou partie de l’alimentation des animaux, en tenant compte des cycles saisonniers et des contraintes climatiques. Ainsi, les troupeaux sont installés sur une parcelle avant d’être déplacés pour laisser à la végétation le temps de repousser. Dans certaines régions, cette technique est notamment utilisée pour entretenir des espaces difficiles d’accès et d’entretien.

Le pastoralisme contribue à  l’économie des exploitations agricoles en leur permettant d’améliorer  leur autonomie alimentaire avec un gain de céréales et moins de travail en bergerie. C’est également bénéfique pour l’environnement puisque cela permet de stabiliser les sols, de préserver la biodiversité ou encore d’entretenir les paysages.

Le pastoralisme dans les espaces péri-urbains

Les troupeaux de moutons entretiennent le paysage de manière utile et économe. Depuis quelques années, l’introduction du pastoralisme a lieu dans toute sorte de lieux, que ce soit sur des aires péri-urbaines, des domaines ou des espaces naturels.

Ces activités peuvent se réaliser différemment selon les contraintes et les difficultés à entretenir le site défini. Dans le cas d’une parcelle de taille correcte, facile d’accès, une location traditionnelle (loyer payé par éleveur) ou gratuite des terres pourra être mise en place.. Sur un espace contraint en superficie ou  en conditions de gestion, il s’agira d’une prestation rémunérée appelée éco-pâturage, pour laquelle l’éleveur sera rémunéré pour l’entretien réalisé.


Cette forme de pastoralisme, envisagée comme un outil écologique répondant à de nouvelles règles de gestion et permettant de s’inscrire dans une pratique d’entretien respectueuse de l’environnement, voit fleurir des projets un peu partout en France, dont le Loir-et-Cher.


Ainsi, après avoir pâturé 20 hectares de foncier public en 2019, une centaine de brebis solognotes issue des exploitations de trois éleveurs (Ces derniers étant constitués en association : l’Association des Bergers du Val de Loire) a commencé à pâturer le 1er avril de nouvelles parcelles publiques. Encadrés par un berger (un des 3 éleveurs), les ovins seront conduits de Vineuil à Chaumont sur Loire jusqu’en octobre 2020, pâturant sur près de 80 hectares. Ce projet de pastoralisme a été développé par Agglopolys, Communauté d’agglomération de Blois, la Chambre d’Agriculture de Loir-et-Cher et le Conservatoire d’Espaces Naturels Centre-Val de Loire..

Le pastoralisme : des atouts méconnus !

Le pastoralisme, en entretenant le paysage, apporte des bénéfices encore plus importants : la prévention des incendies et l’écoulement hydraulique en zone de crues !
Largement alimentées par le changement climatique, ces catastrophes sont également dues à l’abandon des terres et au reboisement progressif qui en découle. En investissant dans la gestion durable des terres et en créant des paysages résilients où les incendies ne peuvent pas se propager, le pastoralisme représente une alternative efficace en termes de prévention d’incendie. De la même manière, en entretenant le territoire, l’écoulement des eaux est amélioré, réduisant ainsi le risque d’inondations.

 
De nombreux départements ont déjà sauté le pas et entretiennent les paysages en adoptant le pastoralisme. Avec un premier projet en cours, pourquoi ne pas développer ce mode de pâturage, liant maintien de la biodiversité, prévention des incendies et crues et entretien des paysages ?