Comment devenir apiculteur professionnel ?

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C’est très concrètement l’objet des Journées découvertes régionales apicoles organisées chaque année conjointement par le réseau des Chambres d’agriculture de la région Centre-Val de Loire et l’ADAPIC dans le cadre d’un partenariat pour développer la filière apicole professionnelle. Le 7 mars 2019, une quinzaine de porteurs de projet venus de toute la région ont ainsi pu avancer dans l’élaboration de leur projet grâce notamment aux échanges avec Nicolas Douillet, apiculteur professionnel depuis 2006, installé à Yèvre-le-Châtel.

Aujourd’hui, Nicolas et son épouse salariée de l’entreprise, gèrent 1000 colonies, dont la moitié en propriété. Le reste des ruches est réparti entre une partie en gérance pour le compte d’une CUMA qui pratique la pollinisation, une partie pour le CETA Abeilles en région Centre, ainsi qu’une trentaine de ruches dans un jardin public pour la ville de Levallois-Perret. L’essentiel de la production de miel est commercialisé en fût à un négociant local. Nicolas  complète ses activités par des prestations pour d’autres apiculteurs et par quelques marchés ponctuels. Il pratique un peu d’élevage de reines en complément de l’achat de 150 reines fécondées par an pour améliorer la génétique et préserver un bon niveau de production. Côté main d’œuvre, outre son épouse salariée à l’année, il emploie un saisonnier et bénéficie de coups de main ponctuels pour gérer la transhumance, y compris hors région, durant les 5 mois de saison.

A l’issue de la présentation générale de l’entreprise et de la visite des bâtiments et de la miellerie, l’animatrice de l’ADAPIC est revenue sur les conditions d’exercice de l’apiculture professionnelle et sur l’activité apicole en France et dans la région. Si la filière est largement dominée par les apiculteurs amateurs, en revanche, les ruches sont majoritairement détenues par des apiculteurs professionnels. Avec une demande en produits apicoles non-couverte par la production française le potentiel de développement demeure très important.

En région Centre-Val de Loire, sur un peu plus de 2500 apiculteurs recensés en 2015, seulement 70 étaient répertoriés comme professionnels (au-delà de 200 ruches). Les porteurs de projet présents ce jour-là, pour la plupart déjà amateurs, ont donc toutes possibilités pour s’agrandir et devenir professionnels. Bien qu’il n’existe à ce jour aucun cours officiel du prix du miel, la rentabilité peut être assurée de différentes manières. En effet, l’apiculture regroupe une diversité de métiers dont la production de gelée royale en bio par exemple, activité présentée par une autre apicultrice professionnelle, venue complétée les échanges avec les participants en début d’après-midi. S’en sont suivi des échanges sur les différents modes de commercialisation, ainsi que sur les choix de production en fonction des marchés existants ou à créer, et de l’implantation de l’activité.

Le programme de la journée s’est poursuivi par une séquence animée par une conseillère installation de la Chambre d’agriculture, autour des questions de la gestion des risques dans un projet apicole. En fonction de l’état d’avancement des projets, les porteurs de projet ont pu échanger sur les différents risques existants, envisager les pistes de solutions, identifier ce qui peut être anticipé ou géré le moment venu, etc. En tout état de cause, chaque fois, les implications et interventions des uns et des autres sont apparus comme des pistes ouvertes et profitables pour progresser dans l’élaboration des projets.

La dernière partie de l’après-midi a été consacrée au raisonnement sur les investissements et au  choix des équipements nécessaires aux projets, avec un représentant de la société Thomas Apiculture. Le renouvellement des générations en apiculture est particulier en comparaison des autres entreprises agricoles. Une exploitation apicole ne comprend généralement pas de foncier, mais potentiellement des équipements et des bâtiments qui doivent répondre aux besoins précis en fonction des productions envisagées.

Au final, les participants ont apprécié le programme bien rempli, les échanges constructifs tout au long de la journée, les pistes de travail et les opportunités complémentaires et diversifiées. A l’image de la demande sociale qui évolue sans cesse (miel, produits dérivés, ruches en ville,…), des participants à cette journée régionale étaient déjà porteurs de projets diversifiés en apiculture, faisant écho à de nouvelles approches de naturalité pour tous. Qu’il s’agisse d’installation professionnelle ou de création d’un atelier complémentaire dans une exploitation agricole existante, l’apiculture suscite bien des vocations.