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Bilan des moissons 2020

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Des moissons impactées par les conditions climatiques

Commencée dès la mi-juin pour les cultures les plus précoces, la moisson loir-et-chérienne tire à sa fin. Entre de fortes pluies à l’automne, un hiver doux mais pluvieux suivi d’une période de sécheresse de début mars à fin avril, les conditions climatiques n’étaient pas réunies pour une bonne moisson et ce, pour tous les systèmes de production confondus, du conventionnel à l’agriculture biologique. Un premier bilan décevant pour les agriculteurs, avec des rendements médiocres, voire fortement en deçà des moyennes pour certaines exploitations.

 

UNE METEO PEU PROPICE AUX TRAVAUX AGRICOLES


Après un été 2019 où les températures enregistrées ont battu des records de chaleur et d’ensoleillement, le département a fait face à un automne pluvieux avec des précipitations nettement supérieures aux moyennes. Ce retour de la pluie a certes permis de recharger les réserves hydriques des sols, mais la quantité d’eau tombée a rendu l’accès à certaines parcelles difficiles, compliquant de fait les semis d’automne. L’hiver s’est montré tout autant arrosé avec des épisodes de pluie fréquents et conséquents. Dans le même temps, les températures ont été particulièrement élevées, avec une moyenne de 2° C supplémentaires par jour, entrainant un développement précoce de certaines espèces. Enfin, de début mars à fin avril, une période de sécheresse est venue affaiblir les cultures avec une faible fertilité et production de graines. Ces contrastes climatiques étaient annonciateurs d’une récolte compliquée, les maladies et les ravageurs ayant pu s’installer dans les champs.


« Les moissons 2020 sont décevantes en termes de rendement. C’est d’autant plus frustrant que visuellement, les plantes semblaient en bonne santé et étaient magnifiques. C’est au moment de la récolte que la mauvaise nouvelle s’est révélée : des épis vides, des petits grains… Heureusement que la qualité est au rendez-vous et que les produits sont bien aux normes de commercialisation » indique Arnaud Bessé, Président de la Chambre d’agriculture de Loir-et-Cher.

Aux mauvaises conditions climatiques se sont ajoutés des problèmes techniques, des problèmes de traitement, ayant entrainé l'apparition de maladies et le développement de ravageurs.

LE POINT CULTURE PAR CULTURE


La moisson 2020 a été rapide, décevante en volume, mais satisfaisante en qualité.

Orge d’hiver
L’orge d’hiver a ouvert le bal des moissons avec un début des récoltes à la mi-juin et une clôture début juillet. Le rendement moyen s’élève à 45-50 quintaux/ha avec de fortes disparités, les écarts allant de 10-20 quintaux à 80-85 quintaux selon les exploitations. La production a été fortement affectée par l’implantation tardive et un manque d’enracinement dû à l’excès d’humidité de l’hiver et à la sécheresse d’avril.

Colza
La moisson s’est poursuivie par la récolte du colza, cette culture ayant fait face à une succession de problèmes. Une levée tardive, un démarrage lent, des insectes agressifs notamment à l’automne, ont entraîné des rendements médiocres, la moyenne s’établissant à 25-30 quintaux/ha. Une nouvelle fois, l’excès d’humidité de l’hiver et la sécheresse d’avril ont affecté le développement des cultures avec un PMG (poids de mille grains) faible.

Blé tendre
Le blé tendre quant à lui, délivre des résultats très décevants. Suite aux mauvaises conditions climatiques, la surface d’implantation a diminué de près de 15% en comparaison aux années précédentes, soit environ 13 000 hectares, qui ont été remplacés par des cultures de printemps. En effet, l’automne pluvieux a compliqué les semis de blé tendre et l’hiver ayant été doux, les agriculteurs ont noté la présence prolongée de pucerons jusqu’en mai. Une baisse de 25% du rendement est attendue avec une moyenne à 50-55 quintaux/ha. On note notamment plusieurs parcelles à 20 quintaux.

Blé dur
D’une belle qualité, les blés durs ont des rendements hétérogènes. En moyenne, la récolte s’élève à 45-50 quintaux/ha, soit une baisse de 30% du rendement. « Les chiffres ne sont pas définitifs, car certains agriculteurs sont encore en moissons. Cette culture a subi les mêmes impacts que le blé tendre, mais la qualité est bonne » indique Arnaud Bessé.

Orge de printemps
Pour les orges de printemps semées de l’automne jusqu’en janvier, le rendement est correct tout comme la qualité, environ 60-65 quintaux/ha. Pour les cultures semées en mars, la moisson est en cours mais, devrait se révéler décevante.

Fourrages
Du côté de la récolte de fourrage, le rendement en herbe est meilleur qu’en 2019. Pour le maïs ensilage, les prévisions sont contrastées, des difficultés risquant d’apparaître selon les dates d’implantation, notamment les parcelles de mai qui risquent de peiner à afficher un rendement correct.

Protéagineux
« Enfin, de manière générale, l’ensemble des protéagineux de printemps ont des résultats mauvais. Ces derniers s’expliquent par une floraison écourtée suite aux fortes chaleurs de début juin, par la pression des pucerons exceptionnellement précoce et intense ainsi que par la présence de viroses. Pour les pois d’hiver, on devrait être à 35 quintaux, pour les pois de printemps à 30 quintaux et pour les pois potager de 4 à 40 quintaux en fonction des variétés » conclut Arnaud Bessé.

Les moissons se poursuivront par la récolte des cultures de printemps et d’été, ces dernières étant dans un bon cycle de développement, avec environ 15 jours d’avance. Cependant, les plantes manquent d’eau, la pluie est donc attendue avec impatience par les exploitants.

 

LE POINT SUR LA VITICULTURE


En Loir-et-Cher, les vendanges devraient commencer dans la deuxième quinzaine d’août. Les conditions de production sont bonnes et les grains de raisins gonflés, prêts à être récoltés. La vente aux particuliers est en hausse, l’exportation a repris – hors Angleterre – et la restauration locale fait appel aux viticulteurs de son territoire. De grandes difficultés apparaissent tout de même avec l’absence de commande issue de la restauration parisienne ou de grandes métropoles.


2020 peut être qualifiée de mauvaise année pour les moissons. Les cultures ont peiné suite à la conjonction d’un certain nombre de facteurs climatiques, provoquant de mauvaises implantations, de mauvais enracinements et ainsi une difficulté de développement en période de faible pluie. Les prix de vente se révèlent stables, mais ne peuvent compenser la diminution des rendements.

«  Des exploitations sont en grande difficulté car, depuis 2016, nous enchaînons les récoltes difficiles, entre inondations et sécheresse. Même si 30% des agriculteurs sont assuré « assurance récoltes » en grandes cultures, les rendements moyens de cette année ne permettront pas de déclencher la couverture par les assurances. Il est aujourd’hui nécessaire de mettre en place des accompagnements au cas par cas pour les exploitants dans le besoin afin d’accompagner les plus fragilisés. La Chambre d’agriculture et les représentants de la profession agricole dans son ensemble se mobilisent pour créer des solutions d’accompagnement au plus près des hommes et des femmes de l’agriculture. Notre conseil, ne restez pas seuls, des organismes peuvent vous aider ! » Arnaud Bessé, Président de la Chambre d’agriculture de Loir-et-Cher