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Quels leviers agronomiques mobiliser pour améliorer la fertilité des sols et la vigueur des plants ?

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Un plant vigoureux, qu’il s’agisse d’un poireau ou de blé, poussant dans un sol sain est moins sensible aux maladies. Et diminuer la sensibilité des plantes aux maladies, c’est aussi nécessiter moins de protection phytosanitaire. Partant de ce constat, comment adapter le travail du sol et les techniques culturales pour favoriser la vigueur des cultures et la fertilité des sols ? Afin d’apporter des éléments de réponse, la Chambre d’agriculture accompagne les différents groupes du département souhaitant être formés sur cette thématique. Cédric BERGER, Conseiller Agroenvironnement et Pédologie a ainsi guidé plusieurs groupements d’agriculteurs, maraichage et grandes cultures, à la connaissance de la biologie des sols, leurs fonctions et leur pilotage.

ACCOMPAGNEMENT D’UN GROUPE GRANDES CULTURES

Les GDA du Perche ont assisté à un tour de plaine spécial fertilité des sols, organisé par leur conseiller de secteur, Vincent RIGAL, dans le cadre des groupes 30 000. Animée par Cédric BERGER, cette intervention, alternance d’échanges et d’activités, a permis d’isoler des éléments de réflexion sur l’évolution des systèmes de production et de gestion du sol.

Les adhérents ont tout d’abord pris part à des ateliers pour étudier la fertilité biologique, physique et chimique de leur sol. Ils ont activement participé à la description de deux fosses pédologiques sur deux types de sols différents afin d’identifier les points clefs du fonctionnement et de la structuration de ceux-ci. Ces points clefs ont été cernés grâce aux observations faites en groupe, mais également grâce à la carte des sols et au paysage environnant, des éléments qui apportent déjà en amont de nombreuses informations.

Suite à ces observations de fosses, les adhérents ont découvert - ou redécouvert - la technique du test bêche. Celui-ci consiste en une expérience très rapide donnant un diagnostic sur la structure du sol en observant les mottes présentes ainsi que leur mode d’assemblage. Les cultures ayant besoin d’une structure de sol non tassée, le test bêche permet de classifier son sol et de mener des actions correctives si besoin.

ACCOMPAGNEMENT D’UN GROUPE MARAICHAGE

Le groupe Dephy Ferme Légumes de Sologne a également bénéficié de l’expertise de Cédric Berger, à l’occasion de trois rencontres, au cours du cycle du poireau. L’objectif de ces rendez-vous était de comparer l’état structural du sol de deux parcelles situées sur des sols sableux sur argile sableuse hydromorphes de Sologne. L’une des parcelles est travaillée en labour, l’autre en non-labour depuis 15 ans.

Au contraire des grandes cultures, ce n’est pas le test bêche qui a été choisi pour comparer l’état structural du sol. En effet ce test s’avère très peu adapté dans les sables de Sologne. L’approche retenue a été celle du profil de sol et de la mesure de la densité apparente sur chaque horizon pédologique afin de diagnostiquer des zones de compactage. Cet indicateur permet de mesurer le poids de sol par unité de volume : plus la densité est élevée, plus le sol est compacté.

Un premier état des lieux a été fait en juillet, quelques semaines après la plantation, afin d’observer les conditions pédologiques de la reprise des plants. En novembre, avant la période de récolte, un profil racinaire a été réalisé pour mesurer l’exploration des racines dans les différents horizons du sol. Des litter-bags enfouis lors de la première intervention ont également été déterrés pour diagnostiquer la capacité des micro-organismes du sol à dégrader les résidus de culture. Enfin, une nouvelle fosse a été creusée en février après le passage des engins de récolte pour observer l’état du sol en vue de la culture suivante.

Véritable succès, chaque groupe d’agriculteurs est reparti à la fin de la rencontre avec de nombreuses astuces pour mieux comprendre leurs sols ainsi que des techniques d’évaluations reproductibles à la ferme.

 

Preuve que l’étude de la fertilité des sols est un sujet important pour le présent et le futur de l’agriculture, il est au cœur du dispositif REVA (Réseau d’Expérimentation et de Veille à l’innovation Agricole). Il s’agit d’un programme de l’INRA, en collaboration avec les Chambres d’agriculture, qui fournit des outils pour diagnostiquer l’état et la qualité biologique des sols. Testés par des agriculteurs de différents territoires, ces outils proposent l’utilisation de différents indicateurs tels que la biomasse, la diversité des microorganismes et de la faune du sol ou encore la dégradation de la matière organique.

 

Action pilotée par le ministère chargé de l'agriculture et le ministère chargé de l’environnement, avec l’appui financier de l’Agence Française pour la Biodiversité, par les crédits issus de la redevance pour pollutions diffuses attribués au financement du plan Ecophyto