Vous êtes ici : Accueil > Chambre d'agriculture de Loir-et-Cher > Nos actualités > Le carbone et l'agriculture

Le carbone et l'agriculture

Accéder aux flux rss de notre siteImprimer la page

Le carbone, un enjeu pour l’agriculture ? C’est sur cette thématique, primordiale pour l’ensemble des exploitants agricoles, que s’est penchée la conférence du 03 février 2020 organisée par Chambre d’agriculture de Loir-et-Cher. Plusieurs spécialistes issus du milieu agricole ou industriel ont répondu présents pour cet événement et ont détaillé les enjeux et les opportunités liés au carbone.

UNE PREOCCUPATION EUROPEENNE

La neutralité carbone est aujourd’hui au cœur des débats puisque le projet de stratégie nationale bas carbone est actuellement en consultation publique. Au niveau européen, cela se traduit par le « Green Deal », qui est un grand plan organisé autour de différents domaines d’action, ces derniers ayant tous pour objectif de transformer l’économie de l’Union Européenne pour un avenir durable. « La thématique du carbone y est bien entendu abordée avec un objectif ambitieux : diminuer de 55% les gaz à effets de serre d’ici 2030, en prenant l’année 1990 comme point de référence » explique Maximin CHARPENTIER, Président de la Chambre d’agriculture Grand Est. 

 

 LE CARBONE EN AGRICULTURE

Mais quel serait le rôle de l’agriculture dans ce grand plan de réduction des gaz à effet de serre ? Il est en effet avéré que le réchauffement climatique est dû à l’activité humaine, qui augmente le volume de ces gaz. L’agriculture est notamment le troisième secteur émetteur du pays.

« Comme tous les secteurs d’activités, le monde agricole émet du dioxyde de carbone, via la combustion d'énergie fossile, mais c'est principalement le méthane des ruminants et le protoxyde d'azote des microorganismes du sol qui sont les plus émetteurs » développe Christophe BEAUJOUAN, Conseiller Changement Climatique à la Chambre Régionale d’agriculture Centre-Val de Loire. « Cependant, l’agriculture a de nombreux leviers pour diminuer ces émissions de GES et elle a également la capacité  de proposer des solutions pour stocker du carbone dans les sols et la forêt. »

 

 ZOOM FILIERES

Il est en effet possible pour l’agriculture de stocker du carbone dans le sol et dans la biomasse, voici quelques exemples d’actions pouvant être mises en place :

«  L’implantation de couverts végétaux pour éviter les sols nus en hiver, limiter le labour quand c’est possible, favoriser l’implantation de légumineuses sont quelques exemples des changements de pratiques que met en place la filière végétale pour favoriser le stockage carbone. »

Stéphanie COURTOIS, Conseillère Grandes Cultures à la Chambre d’agriculture de Loir-et-Cher

«  L’arbre est une ressource primordiale pour répondre aux enjeux du carbone puisqu’il le stocke lors de sa croissance, via la photosynthèse, mais également lors de son utilisation dans des constructions ou de l’ameublement. De plus, le bois produit de la chaleur renouvelable et représente un chauffage neutre en carbone. Cela s’explique par le fait que le CO2 libéré lors de la combustion est contrebalancé par l’absorption faite au préalable par l’arbre au moment de sa croissance. »

Hubert DESIRE, Conseiller Chargé de projets Bois Energie à la Chambre d’agriculture de Loir-et-Cher.

« Pour la filière élevage, il est possible de réduire son impact carbone, notamment via des diagnostics qui permettent d’évaluer le niveau à l’échelle d’une exploitation. A la Chambre d’agriculture de Loir-et-Cher, nous utilisons le diagnostic CAP’2ER® qui permet de réaliser un état des lieux puis des préconisations adaptées à chaque type d’exploitations . »

Didier LEROY, Responsable pôle Elevage à la Chambre d’agriculture de Loir-et-Cher.

 

DES ACTIONS A MONETARISER ?

Aujourd’hui, de nouveaux outils de comptabilisation d’économies de carbone sont en développement pour permettre par la suite la monétisation des tonnes de C02 économisées. Ainsi, en région Grand Est, un pôle d’innovation de la ressource agricole s’est développé sous le nom de Terrasolis. Celui-ci vise à favoriser le développement de pratiques agricoles plus performantes en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

« Ce projet est l’alliance de plusieurs parties. Nous mobilisons les nouvelles technologies pour créer un outil fiable et performant et nous associons à ce projet des investisseurs publics et privés afin de travailler sur le sujet de la rémunération d’une agriculture Bas Carbone » décrit Maximin CHARPENTIER. « Aujourd’hui, l’agriculture est l’un des seuls secteurs capable de produire du carbone renouvelable dans le cadre de la transition écologique. Mais le marché ne rémunère aucune des actions mises en place pour lutter contre le réchauffement climatique. C’est donc là tout l’enjeu de notre projet, alliance d’innovation et d’intelligence collective. »

 

DES LIENS AVEC LE SECTEUR INDUSTRIEL

En région Centre-Val de Loire, des projets entre agriculteurs et industriels voient également le jour. La laiterie LSDH, main dans la main avec le CRIEL développe un projet Bas Carbone.

« L’élevage a certes une part de responsabilité sur le réchauffement climatique mais il existe des solutions pour limiter l’impact carbone et il ne faut pas oublier que les prairies, sont des importants puits de carbone. D’ici la fin de l’année 2020, 100% des exploitations avec lesquelles nous travaillons, auront réalisé un diagnostic afin de chiffrer leur impact et voir les aménagements possibles pour le limiter. Notre objectif est de prendre en compte les attentes sociétales mais également de communiquer autour des actions menées avec nos agriculteurs pour le consommateur » expliquent Philippe LESEURE, responsable du pôle Liquide à LSDH et Olivier LEGRAND, Président du CRIEL.

 

Il existe donc de nombreux enjeux en agriculture pour le carbone ! Des projets européens ou régionaux, des changements de pratiques à assimiler, des diagnostics à réaliser sur les exploitations… toutes les filières sont concernées par cette thématique, qui au regard de l’actualité, devrait prendre de l’importance dans les années à venir.