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Déperissement du vignoble : à la recherche de solutions !

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Les vignobles loir-et-chériens, tout comme l’ensemble des vignobles français, sont touchés par le dépérissement des ceps. Celui-ci a plusieurs origines, stress hydriques, flavescence mais surtout les maladies du bois. Les maladies du bois sont liées à un cortège de champignons qui affaiblissent les ceps, causant nécroses du bois, symptômes foliaires, dessèchements ou encore désordres vasculaires. La finalité de ces maladies est la mort du pied de vigne.

 Le projet Mobilisation Vigneronne

Les maladies du bois étaient maîtrisées par l’utilisation de l’arsénite de sodium, produit interdit en 2001 à cause de sa toxicité pour l’homme mais également pour l’environnement sans qu’aucune solution de remplacement ne soit trouvée. 4 à 5% des ceps meurent chaque année en moyenne. Sachant qu’une vigne met 9 ans à devenir pleinement productive, si ce cep est complanté, les maladies du bois provoquent 11% des ceps improductifs d’où une perte de rendement important.   

Un plan contre le dépérissement du vignoble a vu le jour au niveau national. Parmi les différents projets de ce plan, la Mobilisation Vigneronne permet de replacer les viticulteurs au cœur de la lutte. Il regroupe des viticulteurs et des conseillers pour réfléchir et tester différents moyens de faire face à cette crise.

Dans le département du Loir-et-Cher, les actions sont regroupées autour des maladies du bois avec deux axes de travail : le matériel végétal et les pratiques culturales.

Communiquer et informer sur cette thématique étant essentiel, la Chambre d’agriculture, en association avec Interloire a organisé une soirée destinée aux viticulteurs le mardi 8 janvier dernier à Noyers-sur-Cher.

 

Conférence autour du déperissement du vignoble

Une cinquantaine de professionnels de la viticulture ont assisté aux différentes conférences, abordant tous les  thèmes de la lutte contre ces maladies du bois. « Les maladies du bois sont liés à une multitude de critères. En l’absence de moyen de lutte curative, les vignerons doivent être vigilants pour favoriser l’équilibre global de leurs vignes » commente Alice REUMAUX, Conseillère viticulture à la Chambre d’agriculture de Loir-et-Cher.

Des pistes et des réflexions ont été dévoilées aux viticulteurs présents à la conférence. Parmi elles, le choix du matériel végétal et notamment des porte-greffes, les techniques de plantation assurant une meilleure pérennité de la vigne, la conduite des jeunes vignes pour limiter les nécroses et préserver le flux de sèves ou encore la présentation de techniques plus curatives, telles que le curetage et le recépage.    

La Chambre d'agriculture à la recherche de solutions

Ainsi, afin de répondre à ces problématiques que peut rencontrer le monde agricole, la Chambre d’agriculture a renforcé le programme de formations autour des maladies du bois :

- Une formation sur le greffage et la multiplication de la vigne qui aura lieu le 12 mars 2019 avec François DAL de la SICAVAC et Guy BOSSARD, viticulteur et pépiniériste à la retraite.

- Une formation sur la taille de formation des jeunes vignes qui se déroulera quant à elle le 5 mars 2019 avec Adeline BOULFRAY MALLET, conseillère viticole de la Chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire.

Un premier livret, réalisé avec des coupes transversales de ceps de vignes atteints d’ESCA*, a permis d’obtenir des observations visuelles et chiffrées. Cette démarche fut de plus l’occasion de dresser des diagnostics potentiels, de proposer des hypothèses et des orientations afin de mieux comprendre l’incidence de la taille sur les flux de sève.

Enfin, un réseau d’observation de parcelles a été défini avec les viticulteurs. Dans ce réseau, des parcelles d’essai ont été mises en place avec des pratiques culturales différentes : taille tôt, taille tard, taille minimale, curetage, regreffage etc.

D’autres parcelles permettent également de comparer le matériel végétal.

« Notre objectif est avant tout de proposer une réflexion sur les pratiques et les changements auxquels doivent faire face les viticulteurs. Nous devons aujourd’hui adapter nos systèmes de cultures et cela passe par le développement de la formation et le test de nouvelles pratiques, à la recherche de solutions pour nos vignes. » conclut Estelle DEVROUTE, Conseillère viticulture à la Chambre d’agriculture et organisatrice des formations sur les maladies du bois.

*ESCA : une maladie cryptogamique due à des champignons parasites