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Bilan des moissons 2019

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L’année écoulée est assez atypique suite à une climatologie variée et extrême allant du froid à la canicule en passant par des périodes de gel. Globalement, les récoltes en céréales sont correctes, très mitigées en colza et catastrophiques en cultures de printemps, hormis pour les pois.

UNE CAMPAGNE CULTURALE CONTRASTEE PAR LA METEO

La campagne culturale, commencée en septembre 2018 par les implantations de colza, a connu plusieurs difficultés. En effet, l’été s’est terminé le 26 octobre, date des premières pluies sur le département depuis le mois de juin. L’absence d’eau a entrainé une diminution de l’assolement en colza. Ces conditions ont mené à des semis plus importants en cultures de printemps, telles que le maïs, les tournesols, le sorgho.

 

«  Le colza est une culture de rotation, c’est-à-dire qu’elle entre dans le changement de culture qui permet de préserver la bonne santé des sols. Cependant, suite aux nombreux problèmes rencontrés par les agriculteurs –excès de chaleur, insectes, gel de printemps – le colza est de moins en moins semé dans le département. Les paysans ont choisi d’implanter à la place des cultures de printemps. Or celles-ci ont également rencontré de lourds problèmes cette année. » indique Arnaud Bessé, Président de la Chambre d’agriculture de Loir-et-Cher.

 

L’été 2018 très chaud, suivi d’un automne sec et froid et d’un printemps froid avec un ensoleillement faible, a provoqué le développement de ravageurs et a diminué la fécondité des colzas. Le rendement est donc le plus bas observé depuis 2002 !

 

LES RESULTATS DE MOISSONS CULTURE PAR CULTURE

Dans le Loir-et-Cher, la moisson a commencé le 26 juin par la récolte des orges d’hiver puis de printemps. La qualité et le rendement sont au rendez-vous pour ces productions avec une production de 80 quintaux/ha pour l’orge d’hiver et de 85 quintaux/ha pour l’orge de printemps.

Comme attendu, les résultats des moissons pour le colza sont très contrastés suite aux différentes problématiques rencontrées : envahissement par les insectes et les mauvaises herbes, gel de printemps suivi de la canicule. « En comparaison à une année classique, il manque 10 000ha de colza sur l’ensemble du département. Cela est dû au fait qu’une partie du colza a été retournée et détruite pour être remplacée par des cultures de printemps. »

 

Le blé tendre, culture majoritaire dans le département, tire son épingle du jeu avec des rendements plus que corrects et une bonne qualité. Le rendement du département est estimé à 75 quintaux/ha.

Le bilan pour le blé dur est également correct puisque la récole s’élève à 70 quintaux/ha avec une qualité exceptionnelle malgré la sensibilité technique de celle-ci. « Cette culture est très sensible aux aléas climatiques et le désherbage n’est pas aisé. Cependant les résultats sont très bons cette année, nous pourrons manger des pâtes du Loir-et-Cher, elles seront excellentes ! »

Pour les céréales plutôt du sud du département tels que l’avoine et le seigle, il s’agit d’une année moyenne. Quant aux pois, c’est une très bonne surprise vu le climat avec un rendement de 50 quintaux/ha !

 

Jusqu’ici, les résultats sont globalement corrects et la qualité au rendez-vous. Cependant, le bilan des moissons pour les cultures de printemps – maïs, millet, tournesol et sorgho - s’annonce mauvais. Les agriculteurs ont en effet eu des difficultés d’implantation avec un printemps froid et sec. Ils ont ensuite été confrontés aux différents ravageurs, à des problèmes d’enherbement et ont subi de plein fouet la canicule. « C’est vraiment une déception car ces cultures entrent dans le cadre de la rotation culturale qui permet d’aller vers la transition agricole. Deux années de sécheresse de suite, notamment sur ces cultures alternatives, remettent en cause l’approche globale que nous avions des nouveaux systèmes agricoles. Cette année, la météo n’a pas soutenu la biodiversité ! »

 

LES CONSEQUENCES DE LA CHALEUR

La chaleur a frappé de plein fouet les céréaliers, mais l’ensemble des secteurs agricoles se retrouvent confrontés à des difficultés liées à la canicule. La forêt souffre des fortes températures. La mortalité des jeunes plantations et la souffrance des arbres - dont les conséquences se verront sur le long terme – sont importantes. Les vignobles également, et plus particulièrement les jeunes plantations de moins de deux ans se retrouvent en péril. «Ce n’est pas la culture la plus en souffrance sur le département mais ça peut le devenir rapidement avec ces chaleurs. »

 

Le domaine piscicole se retrouve également fragilisé par la chaleur. Les niveaux des étangs ont diminués, causant une baisse de la production et une extrême faiblesse des poissons qui ne sont pas les seuls animaux à souffrir. La mortalité des volailles s’est accrue malgré la ventilation des bâtiments. Les chèvres, les porcs et les bovins ont quitté leur zone de température de confort et souffrent grandement de la chaleur malgré les nombreuses interventions des éleveurs pour améliorer leur bien-être.

         

Les éleveurs rencontrent des problèmes importants pour l’alimentation de leurs animaux. Les productions fourragères ont subi les fortes chaleurs et les conséquences seront supérieures à celles de 2018, année déjà touchée par la sécheresse. Les animaux ont en effet été menés au pré dès les premières pousses de 2019, la canicule de 2018 ayant poussé les agriculteurs à utiliser leurs stocks de nourriture plus tôt. Le même scénario se profile cette année. « Après deux années de sécheresse, les prairies sont en grande détresse et dans certains endroits, on doute qu’elles survivent à un deuxième été sans eau. L’absence d’herbe pousse les éleveurs à vendre leurs animaux et donc à décapitaliser leur production. Les prix de marchés en viande étant déjà très bas, c’est une forte perte de production qui s’annonce pour certains éleveurs. »

 

LA SOLIDARITE DU MILIEU AGRICOLE

Mais alors que faire face à cette situation si difficile ? « C’est le mantra de la Chambre d’agriculture, seul on peut s’en sortir, mais ensemble nous sommes forts pour aller plus loin. Nous appelons donc à la solidarité entre les agriculteurs, entre les céréaliers et les éleveurs, pour se soutenir dans ces moments difficiles pour nos entreprises ! Cette solidarité se met déjà naturellement en place entre voisins, entre amis, entre collègues mais notre ambition est d’accompagner à une plus grande échelle l’entraide agricole. »

 

Les services de la Chambre d’agriculture ont mis à disposition des agriculteurs plusieurs Flashs sécheresse, portant sur l’élevage ou encore l’irrigation, afin d’informer en temps réel les agriculteurs. Vous pouvez les recevoir en vous inscrivant à cette adresse : accueil@remove-this.loir-et-cher.chambagri.fr

Enfin, Herbe et Fourrages, un programme régional, a été renforcé pour permettre aux conseillers de communiquer autour des alternatives fourragères des agriculteurs selon les opportunités; Retrouvez les informations sur le site internet dédié : http://www.herbe-fourrages-centre.fr

 

En conclusion, le bilan de la moisson n’est pas mauvais pour de nombreuses cultures malgré le revers du colza et des cultures de printemps. « Nous insistons sur le fait que, bien que des années comme celle-ci soit éprouvantes, il ne faut pas pour autant se décourager ! Le climat change, nos pratiques doivent évoluer avec lui. »

Pour cela, de nombreux groupes de travail existent à la Chambre d’agriculture. Autres espèces, autres cultures, autres pratiques ou encore autres périodes de récoltes… les solutions pour l’agriculture de demain se cherchent ensemble !

 

NB : La pluie est annoncée pour la fin de semaine, le bilan peut être amené à évoluer selon les quantités de pluie tombées !